Nord-Kivu: les déplacés commencent à rentrer chez eux
Le mardi 04 février 2024, notre équipe s’est rendue dans plusieurs endroits où des déplacés de guerre se sont installés. À notre arrivée, personne n’était visible, mais des camions chargés de personnes en partance pour Kibumba, Rutshuru et Masisi circulaient.
Précédemment, une centaine de milliers de déplacés s’étaient entassés dans des conditions d’hygiène et de sécurité épouvantables, comme dans toute la périphérie de Goma.
Goma, ville d’un million d’habitants et capitale de la province du Nord-Kivu, a vu sa population presque doubler en raison des vagues de violences qui frappent l’est de la RDC depuis plus de 30 ans. Cependant, dimanche dernier, il ne restait presque plus de traces de cette “ville de plastique” qui s’était construite au pied du volcan Nyiragongo, à proximité de la frontière rwandaise.
Le long de la route, un convoi de camions bondés transportait les retardataires. “J’étais une déplacée, je suis arrivée ici sans rien. Aujourd’hui, je repars exactement comme je suis venue”, raconte Denise Zaninga, assise à l’arrière d’un camion. Sa destination reste incertaine : “Je pars, mais je ne sais pas où je vais habiter”, confie-t-elle.
Les déplacés racontent avoir vendu leurs bâches pour quelques centaines de francs congolais (moins d’un dollar). Le trajet en camion coûte 10.000 francs congolais (environ 3 dollars), selon leurs dires. Pourtant, le chauffeur affirme que le M23 a loué le véhicule et payé le transport. “J’aurais bien voulu rester ici, car je recevais un peu de nourriture”, avoue Denise Zaninga.
Mais leur présence soulève des inquiétudes. Un habitant témoigne : “La nuit, les nouveaux maîtres des lieux forcent les portes des maisons pour chercher des armes et forcent des jeunes à transporter de l’eau et de la nourriture sur de longues distances, sans les rémunérer. Les gens commencent à avoir peur. Nous ne pouvons rien dire, nous nous taisons, et nous observons.”

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